Sophie Ginoux
sophie@lecarnetdemc.ca

Le plus important festival gastronomique de l’hiver en Amérique du Nord débute cette semaine! Qu’est-ce qui nous attend au juste dans sa vaste programmation? Voici mes suggestions.

2017 est une année de célébrations à Montréal, qui fête son 375e anniversaire et le 150e du Canada. Montréal en Lumière a donc choisi de marquer les esprits en déployant un volet gourmand imposant, reposant principalement sur deux volets : la gastronomie lyonnaise et le réseau Délice. Imposant ne veut cependant pas dire audacieux, ce qui m’a amenée à fouiller la programmation proposée pour en tirer des propositions qui sortent des sentiers battus, soit en terme d’originalité, soit en terme de calibre.

Coup de projecteur sur Lyon

La ville de Lyon est connue comme une des plus grandes métropoles gastronomiques au monde. Ses tables prisées et ses chefs étoilés, ainsi que son patrimoine culinaire sont sa marque de commerce. Alors, évidemment, un jumelage avec cette région cette année va permettre à de nombreux établissements montréalais de briller pendant Montréal en lumière. Le concept de « bouchon lyonnais », avec ou sans chef invité, est d’ailleurs très, voire trop représenté dans la programmation du Festival.

Si vous ne connaissez pas ce type de gastronomie, basé sur des spécialités régionales comme des tripes, des quenelles et des charcuteries dans une ambiance conviviale, et que vous souhaitez vous y initier, vous pouvez vous rendre au restaurant du Festival, le Balmoral, attenant à la Place des Festivals.  Sur place, jusqu’au 11 mars, un menu typique de bouchon lyonnais conçu par le chef lyonnais invité Joseph Viola, Meilleur Ouvrier de France (M. O. F.), chef des bouchons Daniel & Denise et président de l’association des Bouchons Lyonnais, sera servi aux gourmands.

Si vous êtes adepte de cuisine haut de gamme, il ne reste malheureusement plus de place à Maison Boulud, qui aura la chance de recevoir Jérôme Bocuse (oui, oui, le fils de Paul Bocuse lui-même) et Christophe Muller, chef accompli de la prestigieuse Auberge du Pont de Collonges. Par contre, rendez-vous au restaurant de l’ITHQ nouvellement tenu par l’excellent Jonathan Lapierre-Réhayem (ex Laloux), qui recevra du 23 au 25 février nul autre qu’Alain Le Cossec, Meilleur ouvrier de France et professeur à l’Institut Paul Bocuse. Pour moins de 100 dollars, vous aurez droit à un menu de sept services comportant entre autres du foie gras, du canard fumé, de la quenelle de brochet et des noix de Saint-Jacques à la sauce homardine. Une aubaine.

Dans un cadre encore plus haut de gamme, vous pouvez faire un tour au Renoir, ou encore au Europea, qui recevra Christian Têtedoie, chef propriétaire du restaurant étoilé Michelin Têtedoie, président de l’association Maîtres Cuisiniers de France et Meilleur Ouvrier de France (M. O. F.). Avec une telle fiche de route et sa réputation de cuisinier généreux et audacieux, nul doute que vous passerez un bon moment. Fidèle à son excellente habitude, le chef Daniel Vézina s’associera pour sa part à un chef lyonnais inventif de la relève, Jérémy Galvan.

Crédit photo: Rendez-vous des arts culinaires.com
Crédit photo: Rendez-vous des arts culinaires.com

Réseau Délice : villes gourmandes du monde

Il n’y pas qu’à Lyon que l’on se régale, et les villes fortes d’une tradition culinaire sont nombreuses à travers le monde. 18 d’entre elles, dont Montréal, font ainsi partie du Réseau Délice, qui sera mis en vedette pendant le Festival Montréal en Lumière avec la venue de plusieurs chefs intéressants dans les cuisines de la métropole.

Parmi ces jumelages hauts en saveur, citons par exemple celui du chef Antonin Mousseau-Rivard, couronné récemment par le Gault & Millau Canada, avec Filip Langhoff, du restaurant étoilé finlandais Ask. Toutefois, comme cette expérience affiche déjà complet, je recommande aux amoureux de cuisine nordique, basée sur la fraîcheur du produit et une bonne dose d’inventivité, de se rendre Chez Victoire, qui recevra le chef norvégien Kjartan Skjelde, ou encore à La Fabrique, qui sera jumelée au suédois Håkan Thörnström.

Vous vous sentez plus latin? Alors, ne manquez pas la visite au Ikanos du turc Kemal Demirasal, un chef de renommée internationale dont l’ancien restaurant Alancha a figuré dans la prestigieuse World’s 50 Best Restaurants Academy de San Pellegrino. Ce pionnier de la nouvelle cuisine anatolienne devrait faire des merveilles associé au non moins génial chef du Ikanos Constant Mentzas. Si vous voulez également découvrir la gastronomie traditionnelle du Mexique, dont la région de Puebla est une des meilleures représentations, rendez-vous au E.A.T, qui recevra Ruth Ruiz Diaz, chef exécutive du restaurant Meson Sacristia, une vraie amoureuse semble-t-il des traditions de ce coin de pays.

Crédit photo: Agence Ébullition
Crédit photo: Agence Ébullition

Original!

Les aventureux de la gastronomie seront peut-être déçus de ne pas voir beaucoup de propositions audacieuses dans la programmation du Festival cette année, mais pourront tout de même tomber sur de petites perles comme cet intrigant Cœur des forêts proposé au Laloux, qui jumellera  des produits méconnus des forêts québécoises et lettones.

Autre nouveauté intéressante, qui repose sur le jumelage de grands chefs et pâtissiers autour de repas haut-de-gamme où le café est à l’honneur : L’Atelier Nespresso. Première à Montréal, l’initiative rassemblera les 11 et 12 mars prochains Normand Laprise, Sébastien Bouillet, Roland Del Monte, Joseph Viola et la Master Sommelier Élyse Lambert. De grandes expériences en vue.

Bon Festival à tous!

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