Marie-Claude Di Lillo
mc@lecarnetdemc.ca

Montréal est une pépinière de bons restaurants et le dernier mois a été riche en ouvertures réussies. Voici 6 tables à surveiller, toutes différentes, pour vos découvertes gourmandes !

 

Le Lucie : cuisine et ambiance toute féminine

 

Courtoisie photo : Lucie restaurant

Courtoisie photo : Lucie restaurant

 

Un nouveau restaurant voit le jour dans les locaux du défunt Chien Rose, rue Fleury Ouest à Ahuntsic. Inauguré par la même propriétaire et chef, Michelle Desrosiers (aka Mitche D.), le Lucie se veut plus à son image. « L’ancien concept était trop demandant. On changeait le menu à tous les mois, on travaillait 7 sur 7, c’était trop essoufflant. », raconte Michelle. Après un burn-out qui lui a valu de repenser un peu son concept, elle repart à neuf en offrant à sa clientèle une cuisine du marché axée sur les légumes, et même fortement végétarienne. On trouve sur le menu un plat de poisson et éventuellement quelques choix de viandes en entrée ou plat principal, mais les légumes restent les vedettes de la carte. Une touche féminine règne sur l’endroit : le assiettes sont élégamment présentées et la décoration est un peu « girly ». Des couleurs douces, de la tapisserie fleurie, des murs en bois; on a vraiment l’impression de venir manger chez Lucie, la mère de Michelle. Non pas que je la connaisse, mais on pourrait facilement s’imaginer (n’eût été du comptoir bar) être en visite chez une dame généreuse, attentionnée et coquette. En plus, Lucie sait accueillir ses invités : on nous propose dès notre arrivée une jolie carte de vins nature et bio ainsi que des cocktails faits de jus de fruits et de sirop maison. Que ce soit pour le souper (du jeudi au samedi soir) ou pour le brunch le week-end, vous serez bien servis. Un plat fétiche de saison à ne pas rater : la salade de poireau grillé et choux de Bruxelles rôtis, pommes, caviar de moutarde et vinaigrette aux herbes. Au brunch, je me suis laissée dire qu’il fallait ABSOLUMENT goûter aux bâtonnets de mozzarella frits et sa mayonnaise aux cornichons maison. De 6 a 15 dollars pour les entrées et de 18 à 22 dollars pour les plats principaux.

 

Photo courtoisie : Le Lucie

Photo courtoisie : Le Lucie

234, Rue Fleury O.

 

 

Ibérica : De Montréal à Barcelone

 

Photo courtoisie: restaurant Ibérica

Photo courtoisie: restaurant Ibérica

 

Un magnifique restaurant, qui a en plus le mérite de nous faire voyager, ouvre en plein cœur de Montréal. Le propriétaire, Jorge Da Silva Sr. – le même qui possède le restaurant Tapas 24 – voulait offrir à la clientèle du centre-ville un concept de cuisine catalane haut de gamme. On peut le féliciter d’avoir su s’entourer d’une équipe dont tous les membres ont à cœur de bien rendre l’idée maîtresse. Parlons d’abord du chef, Marino Tavares, qui était au MKT avant et pendant des années, chef au Ferreira Café. Avant de prendre les rennes des cuisines de l’Ibérica, il s’est rendu à Barcelone pour goûter à plusieurs spécialités de l’endroit et pour s’entretenir avec des chefs locaux, dont le plus célèbre est sûrement Ferran Adrià du défunt restaurant El Bulli, meilleure table du monde pendant plusieurs années. Inspiré, il a créé un menu qui offre les meilleures spécialités culinaires de Barcelone en les reproduisant avec élégance et goût. Les produits sélectionnés pour les recettes sont aussi de première qualité et beaucoup sont importés d’Espagne. On tombe par terre lorsqu’on goûte à une tranche de leur « pata negra », la crème de la crème des jambons espagnols. Entre autres délicieuses créations, notons en entrées, les beignets de morue à l’aïoli de safran, les « gambas al ajillo », ou crevettes tigrées à l’ail et piment d’Espelette, et les calmars grillés. On adore aussi leur « coca con tomate », un classique qui est plus un accompagnement qu’une entrée, puisqu’il s’agit d’un pain frotté à la chair de tomate et huile d’olive. En plat principal, la paëlla aux fruits de mer est totalement délicieuse et la bavette de porc de Bellota (porc ibérique de grande qualité) fond dans la bouche. À noter, que le four Jasper employé pour griller et cuire une partie des viandes et poissons est importé d’Espagne. Côté vins, encore là des spécialités espagnoles, pour la plupart, en importations privées. De délicieux accords sont rendus possibles grâce au talentueux sommelier en chef, José Lopez (ex-Pintxo). On ne peut conclure sans souligner le merveilleux (mais merveilleux) travail de design effectué par nulle autre que Zébulon Perron, le même qui a travaillé sur le restaurant Plaza, le Café Parvis et le Bar Rouge-Gorge de Montréal. Grâce à ce dernier, et à toute l’équipe en service, on se croirait dans un restaurant branché de Barcelone.

 

_Photo iberica courtoisie

1450, rue Peel.

 

La Cantine Nom-Nom : l’influence exotique du nouveau resto de l’hôtel W.

 

Photo courtoisie Cantine Nom Nom

Photo courtoisie Cantine Nom Nom

 

L’hôtel W a fait quelques changements et, après avoir fermé le ÊAT, a décidé d’ouvrir un nouveau restaurant  avec un concept complétement différent du premier. Du même coup, le design a été complétement repensé. Tout de suite quand on entre par la porte de l’hôtel dans ce nouvel espace aménagé, on se sent ailleurs. Des voiles de tissus sont accrochés au plafond et pendent, donnant l’illusion d’être à l’intérieur d’une tente de safari. Des bougies et un éclairage tamisé procurent la dernière touche exotique et enveloppante au décor. Ces éléments bien distinctifs sont les idées de Philippe Haemmerle, un consultant de renommée internationale spécialisé dans le domaine de l’art et de la mode. Son travail s’est inspiré de la cuisine que l’on propose dans cette nouvelles cantine au nom vaguement asiatique. En fait, le nom est un onomatopée qui signifie un peu l’équivalent de « menoum, menoum » et qui exprime le plaisir de manger. Justement côté cuisine, on est totalement dans le plaisir et dans la bouffe réconfortante à partager. Gregory Faye, chef exécutif du restaurant et spécialisé en cuisine française (George V de Paris, Maison Boulud et Atelier de Joël Robuchon de Montréal) a créé un menu qui l’a totalement sorti de sa zone de confort. De pair avec le chef consultant Erik Bruner-Yang de Washington, spécialisé lui en cuisines asiatiques, Faye a développé des plats qui mettent en pratique les techniques françaises, mais qui s’inspirent des pays asiatiques pour offrir une cuisine savoureuse, éclatée et colorée. Par contre, si plusieurs plats ont une touche exotique (dumplings, wontons de canard, mini banh mi, etc.) ce n’est pas nécessairement le cas pour tous. On nous a fait savoir que le menu variera énormément en fonction des événements, des tendances, des saison mais surtout de l’humeur du chef ! Donc, il se pourrait qu’un jour on décide d’enlever des plats et qu’on les remplace par d’autres qui n’auront rien avoir avec la cuisine asiatique. J’ai bien hâte de voir pour la suite car, si j’ai été agréablement surprise des plats qu’on a goûtés, je suis curieuse de voir jusqu’où on peut changer le menu pour ne pas perdre sa clientèle. J’espère seulement qu’on ne retirera pas certains délicieux plats du menu, comme la poutine au cari (une des meilleures poutines que j’ai pu manger), qui vont très vite faire de cet endroit une destination gourmande. Le genre d’endroit où je retournerais avec plaisir pour manger une autre fois mon plat favori dans une atmosphère si dépaysante !

 901, Square Victoria

 

Le Makro : de la mer à la table 

 

Photo courtoisie Makro

Photo courtoisie Makro

 

Qui ne connaît pas le Grinder, ce steakhouse du quartier Sud-Ouest de Montréal ? Maintenant le réputé restaurant a un petit frère juste à côté, le Makro. Le propriétaire Jean-François Corriveau a eu la chance d’avoir les locaux du Shinji et du bar Rufus Rockhead qui ont fermés et qui étaient voisins du Grinder. Cela lui a permis de réaliser son deuxième projet, ouvrir un restaurant à spécialité de poissons. Comme il est un amoureux de la ville de Tulum au Mexique, il s’est inspiré de ce lieu et de son restaurant de poissons préféré, Milos, pour donner une ambiance très « Sud » ou bord de mer, à son restaurant. De nombreuses chandelles disposées le long des murs, une quantité importante de plantes et un espace lumineux donnent la dernière touche à la thématique vacances.

Pour la cuisine, c’est nulle autre que le jeune et talentueux chef Sarto Chartier-Otis (ex Hvor) qui est aux commandes. Sa touche artistique et raffinée est mise à profit pour offrir à la clientèle des plats uniques de poissons et fruits de mer. Il y a bien quelques choix de viande au menu : pintade et agneau à partager, mais pas de bœuf pour ne pas faire compétition au Grinder. Entre autres spécialités culinaires, on retrouve des ceviche, des tartares, des aquachile et des poissons et fruits de mer grillés au charbon de bois. Leurs plats signatures : tartare d’hamachi (poisson japonais), pieuvre grillée, aquachile de loup de mer, et poisson à la talla (poisson entier grillé sur charbon de bois à partager). Côté prix, pour les entrées, on peut compter entre 12 et 53 dollars, et pour les plats principaux : de 35 à 120 dollars. Une très grande sélection de produits de la mer y sont servis. Les portions sont généreuses et plusieurs plats sont à partager. Ouvert du lundi au samedi soirs.

 

Photo courtoisie : Makro

Photo courtoisie : Makro

1726, rue Notre-Dame Ouest

 

Le Crème Fraîche : Bistronomie et esprit de quartier

 

Photo courtoisie Crème Fraîche

Photo courtoisie Crème Fraîche

 

Le quartier Rosemont accueille un tout nouveau bistro de cuisine française chaleureux et sympathique : le Crème Fraîche. Le restaurant se situe dans les anciens locaux du North-End, ce petit bar à huîtres qui a fermé récemment.

« C’est un coin passant où il n’y a pas beaucoup de restos, mais il y a beaucoup de gens qui restent dans les alentours, c’était donc pour nous l’endroit parfait. », explique David Henni, un des trois proprios du petit resto. Celui-ci a réalisé un rêve de jeunesse en ouvrant cet établissement avec son frère, Joaquim. Le trio est complété par Adrien Ricci, un ami, qui travaillait comme chef-barman à l’Auberge Saint-Gabriel, tout comme Joaquim.

Le restaurant offre une cuisine du marché réconfortante avec des plats inspirés des classiques français (les trois proprios sont originaires de France). Le nom du resto est d’ailleurs inspiré de cette cuisine riche en saveurs et pleine d’amour! Le menu change tous les jours et tous les week-ends pour le brunch. Quelques classiques comme les huîtres et les plateaux de charcuteries et de fromages demeurent toutefois sur la carte. À noter que beaucoup d’items sont faits maison, entre autres les charcuteries : chorizo et rillettes. La petite ardoise propose des spécialités comme des moules, des burgers, des risottos, du magret de canard ou du poulet basque à des prix très raisonnables (entre 13 et 20 dollars). Il est possible aussi d’y venir prendre l’apéro (plusieurs vins en importations privées au verre sont disponibles ainsi que des bières locales et des cocktails) et de choisir des petits plats à partager pour grignoter avant le souper, tels qu’un os à moelle ou des cuisses de grenouille. À parier, que cela deviendra vite le lieu de rendez-vous des gens du quartier, qui apprécieront ce bistro sans prétention à la cuisine réconfortante.

 

Photo courtoisie : Crème fraiche

Photo courtoisie : Crème fraiche

5800, rue de la Roche

 

Les 400 coups : un nouveau chef à la barre du resto

 

Photo courtoisie : restaurant Les 400 coups

Photo courtoisie : restaurant Les 400 coups

Pourquoi cet établissement ouvert depuis déjà 8 ans se retrouve dans cette liste, me diriez-vous ? Parce que les 400 coups ont dorénavant un tout nouveau chef qui propose ses créations. Jason Nelsons avait un lourd poids sur les épaules en prenant récemment le poste dans cette institution montréalaise. Peu connu, avec une feuille de route somme toute assez modeste (il a travaillé au feu Renard Artisan Bistro, où il était le chef proprio et a œuvré surtout comme chef privé) il relève le défi et marche dans les pas de ses prédécesseurs (et pas les moindres) Patrice Demers, Guillaume Cantin et Jonathan Rassi. Je dois dire que le bistro de cuisine française a eu de la chance et, malgré les changements de chefs, s’en est toujours tiré avec des notes parfaites. Cette fois-ci encore, l’histoire se répète, pour notre plus grand plaisir. La cuisine de Nelsons est droite, presque sans faille. Mention honorable à son plat de pintades cuites sous vide qui sont assurément les meilleures qui m’aient été de manger. Disponible dans le menu régulier.

Si vous voulez découvrir le nouveau menu et les prouesses culinaires de ce chef, c’est un bon moment pour le faire. En effet, du mardi à jeudi un menu 3 services est offert à seulement 35 $. On a le choix d’un poisson, et deux de viandes (poitrine de canard du Canard du Village ou tartelette d’agneau). Pour les plus gourmands, on vous recommande de prendre le menu dégustation offert en 6 services pour 85,00 $ (vins non inclus). Le menu change tout le temps selon les arrivages du marché et l’inspiration du chef, donc cela ne sert à rien de vous le décrire. Pour les vins, le sommelier et gérant Jonathan Ben Chetrit est très doué pour nous recommander des accords audacieux et nous faire découvrir d’excellentes cuvées en bio. Pour terminer, le mixologue Olivier Espes Suentes saura trouver le cocktail qu’il vous faut pour bien débuter la soirée !

 

Photo courtoisie : Les 400 coups

Photo courtoisie : Les 400 coups

400, rue Notre-Dame Est.

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