Il y a des adresses où l’on se sent un peu chez soi. Le restaurant l’Éclisse, le tout nouveau projet de l’équipe derrière le Bistro Amerigo et le Figata, m’a fait cet effet. Cozy, chaleureux et convivial, le restaurant m’a vite happé par un sentiment de dolce vita ! Invitée à sa soirée de pré-ouverture, le samedi 10 octobre, j’y ai découvert un décor et une cuisine où authenticité et saveurs sont au rendez-vous ! Un menu inspiré plus largement de la cuisine méditerranéenne, qui déborde des horizons culinaires plus italiens des autres restos du groupe , un décor aux accents de cinéma italien et, surtout, une hospitalité et un accueil chaleureux, qui donnent envie de prolonger la soirée.
Installé dans l’ancienne pizzeria Bàcaro de l’avenue Monkland, à Notre-Dame-de-Grâce, le restaurant réunit le chef et restaurateur Stephen Marcone, son associé Viral Patel et les chefs associés Rani Agha et Alex Di Prima, issus respectivement du Figata et du Bistro Amerigo. Une équipe qui se connaît, mais qui s’offre ici un nouveau terrain de jeu.

Le nom Éclisse fait référence à L’Eclisse (ou Éclipse en v.f.), le film de Michelangelo Antonioni sorti en 1962, avec Monica Vitti et Alain Delon, comme acteurs principaux. Le proprio Stephen Marcone s’est inspiré de ce duo et de l’esthétique du film pour imaginer son restaurant, en y insufflant sa propre vision : un lieu de rencontres, de plaisir et de convivialité avec une touche de folie et d’humour.


Les clins d’œil au film se découvrent jusque dans l’escalier menant aux toilettes. Des collages picturaux sur les murs illustrent les acteurs, les voitures du film, des graffitis et des phrases iconiques tirés du film, telles que Ci vediamo domani — « On se voit demain ». Dans la salle à manger, les fleurs côtoient de petits billets doux. Le décor contemporain est ponctué de touches d’objets rétro de couleur orange, dont une ancienne cabine téléphonique qui attire le regard à l’entrée du restaurant. Le mélange des coins banquettes plus modernes et des tables aux nappes blanches, plus « old school », est un heureux mélange des genres. La déco est signée Stephen Marcone, c’est donc le propriétaire qui en est l’auteur.





Les grandes baies vitrées, les murs de brique et le majestueux bar composent un espace à la fois urbain et chaleureux. Ce soir-là, l’atmosphère était particulièrement conviviale. Entre l’éclairage tamisé, la musique soft rock en trame de fond, et un personnel nous décrivait avec enthousiasme le menu, la soirée s’annonçait très bien !
Là où Amerigo et Figata explorent davantage une cuisine italo-américaine moderne, Éclisse ouvre sa carte à des plats d’inspiration méditerranéenne plus vaste. Les pâtes y ont naturellement leur place, mais elles partagent le menu avec une paella espagnole et des plats d’inspiration française, comme le tartare de bœuf ou le jambon-beurre revisité.

La petite carte proposée pour cette première soirée permettait de choisir librement nos plats. Nous nous sommes laissé guider par les recommandations de notre serveuse, la belle-fille de Stephen, Naira, qui connaissait bien les spécialités de la maison. Un service attentionné, personnalisé, qui nous donnait le sentiment d’être accueilli comme un membre de la famille.

Autre élément central : le four importé d’Italie, alimenté au gaz et au bois, qui faisait partie déjà du restaurant du temps du Bàcaro. Pour l’instant, dans le nouveau resto, il sert à cuire le pain et à terminer la cuisson de différents plats (poulet, pain maison, légumes grillés) plutôt qu’à préparer des pizzas (mais comme la carte évoluera avec le temps, la pizza pourrait bien se retrouver aussi au menu). J’ai mentionné le pain maison, et il mérite qu’on s’y attarde : servi chaud, moelleux et goûteux, il accompagne merveilleusement le repas et permet de faire « la scarpetta », c’est à dire de mouiller son pain pour ramasser les sauces du plat (en italien) .
Les plats du menu sont sa salade Éclisse marie kale, radicchio, pecorino râpé et vinaigrette umami. Une proposition pleine de caractère, qui fait une belle place aux légumes dès le début du repas.
Les choux de Bruxelles, eux, font déjà partie des favoris au Figata. Caramélisés au sirop d’érable, relevés de sumac et gratinés de caciocavallo, ils trouvent tout naturellement leur place ici. Après les avoir goûtés, je comprends pourquoi les habitués les réclament!
Mais mon grand coup de cœur parmi les entrées reste les Kentucky Fried Oyster Mushrooms. Derrière ce nom ludique se cachent des pleurotes frits, servis avec une sauce gribiche aux échalotes franchement addictive. Un plat signature qui m’a rappelé mes escapades gourmandes aux États-Unis, avec les Fried Oysters, même si ce sont bien des champignons qui tiennent ici la vedette. Une spécialité à mettre sur votre liste.


Le jambon-beurre, proposé en format entrée et recommandé comme l’une des vedettes de la carte, attendra ma prochaine visite. Il faut bien se garder quelques bonnes raisons de revenir.
La morue au beurre blanc, accompagnée de moules, nous a particulièrement séduits. La sauce était si bonne que nous avons fait scarpetta, ce geste très italien qui consiste à recueillir les dernières traces de sauce avec du pain. Voilà où notre pain maison a trouvé toute son utilité!


Les rigatoni carbonara ont également tenu leurs promesses, avec une sauce riche au guanciale et au pecorino. Une assiette généreuse en saveurs qui rappelle que les racines italiennes de l’équipe restent bien présentes.

La surprise venait de la paella aux fruits de mer. Servie en portion individuelle assez généreuse, avec langoustine, moules et pétoncle, elle illustre bien l’envie d’Éclisse de voyager au-delà de l’Italie. Une proposition que j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir.
Pour accompagner le repas, un vin blanc des Abruzzes élaboré à partir du cépage pecorino s’est révélé un délicieux choix. Une belle découverte en importation privée, proposée par Italvine, particulièrement heureuse avec nos assiettes de poisson et de fruits de mer.

Ce soir-là, la pavlova avait déjà trouvé preneurs. Restait le choix entre un pudding chômeur et un s’mores revisité. C’est ce dernier qui a retenu mon attention : crème de mascarpone, crème glacée au chocolat et dulce de leche composent une version décadente et vraiment délicieuse de ce dessert composé américain.

La soirée s’est prolongée autour de martinis, dont un étonnant espresso martini au jus de goyave. Une association inattendue qui ajoute une dernière touche de fantaisie au repas.

Ce que je retiens d’Éclisse, c’est autant le plaisir dans l’assiette que la chaleur de l’accueil. La cuisine garde un attachement évident à l’Italie, tout en s’autorisant des détours méditerranéens et quelques clins d’œil français. Le décor raconte une histoire, et l’équipe nous invite à y prendre place avec simplicité.
Cette première visite avait lieu dans le cadre d’un soft opening, avec une carte appelée à évoluer. Elle m’a néanmoins donné plusieurs bonnes raisons de revenir : les pleurotes frits, la morue au beurre blanc, le pain maison… et ce jambon-beurre que je n’ai pas encore goûté.
Une nouvelle adresse à découvrir sur Monkland, pour les amoureux de cuisine généreuse, bien exécutée, franchement savoureuse et de soirées conviviales. Augurià toute l’équipe! Et, comme le suggère le décor : ci vediamo domani !
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